8 Songs for a Mad King

Notes de programme

Note du compositeur:

La flûte, la clarinette, le violon et le violoncelle, tout en conservant leurs fonctions habituelles d’accompagnement dans cette oeuvre, représentent également, à un autre niveau, les bouvreuils auxquels le Roi s’efforçait d’apprendre chanter. Le Roi a des ‘’dialogues’’ fort étendus avec chacun de ces instruments : dans le no. 3 avec la flûte, dans le no. 4 avec le violoncelle, dans le no. 6 avec la clarinette, et dans le no. 7 avec le violon. Le percussionniste joue le rôle du ‘’ gardien’’ du Roi.
Tout comme la musique des instrumentistes est toujours un commentaire et une extension de la musique de Roi, de même les aspects ‘’bouvreuils’’ ou ‘’gardiens’’ du rôle des exécutants sont autant d’extensions physiques de ce processus musical; ils sont des projections nées des paroles et de la musique du Roi, et deviennent des incarnations des diverses faces de la psyché du Roi.

Les sons produits par des êtres humains soumis à une extrême contrainte, qu’elle soit physique ou mentale, seront familiers à l’auditeur au moins en partie. Disposant de l’étendue vocale exceptionnelle de Roy Hart1 et sa capacité de produire des accords avec sa voix (comme la clarinette et la flûte dans cette oeuvre) ces poèmes offraient une occasion unique d’exploration systématique de ces techniques dans le but d’explorer certaines zones extrêmes de l’expérience humaine, que j’avais abordées déjà dans mon Revelation and Fall, qui met en musique un poème expressionniste allemande de Georg Trakl.

Jusqu’à une époque toute récent, la ‘’folie’’ était considérée comme un objet de raillerie et de dérision. Les citations du Messie dans mon oeuvre, dans la partie du Roi, historiquement authentiques, évoquent ce genre de réaction moqueuse dans les parties instrumentales : le brusque changement de style n’est pas préparé et provoque une réaction agressive. J’ai cependant cité bien d’autres choses que le Messie, sinon littéralement, du moins quand au style de nombreux compositeurs, de Haendel à Birthwistle, auxquels il est fait allusion. D’un certain point de vue, je considère l’oeuvre comme une collection d’objets musicaux empruntés à diverses sources, ayant des fonctions de ‘’tuteurs scéniques’’ musicaux, et autour duquel le récitant tisse sa trame, les éclairant sous des angles extraordinaires et leur faisant projeter des ombres grotesques et déformés, donnant ainsi à ces ‘’objets’’ musicaux une signification inattendue et parfois sinistre. […]2

Note du librettiste:

Les poèmes formant le texte de cette oeuvre furent suggérés par un orgue mécanique miniature jouant huit mélodies, et qui fut la propriété de Georges III. […]

L’orgue […] fut acquis par l’Honorable Sir Steven Runciman, qui m’en fit la démonstration en 1966. Il me laissa une impression particulière et très troublante. On imaginait le Roi, dans sa robe de chambre de flanelle pourpre et son bonnet de nuit en hermine, luttant afin d’enseigner aux oiseaux à chanter la musique qu’il arrivait à grand-peine et torture à extraire de sa flûte et de son clavecin. Ou encore, en essayant de chanter avec eux de cette voix ravagée, rendue presqu’inhumaine par d’interminables soliloques, cette voix qui un jour assassina Haendel pour divertir Fanny Burney. Il y avait là des choses du conte du Rossignol de l’Empereur. Mais cet empereur-là était fou ; et parfois il s’en rendait compte, et il pleurait.
Il faut comprendre ces chants comme les monologues du Roi pendant qu’il écoutait ses oiseaux chanter. Ils incorporent certaines phrases réellement dites par Georges III. Les citations, et une description de la plupart des incidents auxquels il est fait allusion, se trouvent dans les chapitres consacrés à Georges III de l’ouvrage The Court at Windsor par Christopher Hibbert (Longmans et Penguin Books).

- Randolph Stow

1 Roy Hart : Acteur sud-africain, premier interprète du Roi à sa création en 1969. Travaillant de pair avec Sir Maxwell Davies pour l’écriture de la partition vocale.
2 Certains passages offrent des «spoilers», nous avons écourté la note aussi par soucis d’espace. Vous trouverez l’intégrale de la note de programme de l’oeuvre ici.

1. The Sentry
2. The Country Walk
3. The Lady-in-Waiting
4. To be Sung on the Water
5. The Phantom Queen
6. The Counterfeit
7. Country Dance
8. The Review

The flute, clarinet, violin and cello, as well as having their usual accompanimental functions in this work, also represent on one level, the bullfinches the King was trying to teach to sing. The King has extended 'dialogues' with these players individually - in No.3 with the flute, in No.4 the cello, in No.6 the clarinet, and in No.7 the violin. The percussion player stands for the King's 'keeper'.

Just as the music of the players is always a comment upon and extension of the King's music, so the 'bullfinch' and 'keeper' aspects of the players' roles are physical extensions of this musical process - they are projections stemming from the King's words and music, becoming incarnations of facets of the King's own psyche.

The sounds made by human beings under extreme duress, physical and mental, will be at least in part familiar. Hart's extended vocal range, and his capacity for producing chords with his voice (like the clarinet and flute in his work), these poems presented a unique opportunity to categorize and exploit these techniques to explore certain extreme regions of experience, already opened up in my Revelation and Fall, a setting of a German expressionist poem by Trakl.

Until quite recently 'madness' was regarded as something at which to laugh and jeer. The King's historically authentic quotations from the Messiah in the work evoke this sort of mocking response in the instrumental parts - the stylistic switch is unprepared, and arouses an aggressive reaction. I have, however. quoted far more than the Messiah - if not the notes at least aspects of the styles of many composers are referred to, from Handel to Birtwistle. ln some ways, I regard the work as a collection of musical objects borrowed from many sources, functioning as musical 'stage props', around which the reciter's part weaves, lighting them from extraordinary angles, and throwing grotesque and distorted shadows from them, giving the musical 'objects' an unexpected and sometimes sinister significance. For instance, in No.5, 'The Phantom Queen', an eighteenth-century suite is intermittently suggested in the instrumental parts, and in the Courante, at the words 'Starve you, strike you', the flute part hurries ahead in a 7:6 rhythmic proportion, the clarinet's rhythms become dotted, and its part displaced by octaves, the effect being schizophrenic. ln No.7, the sense of 'Comfort Ye, My People' is turned inside out by the King's reference to Sin, and the 'Country Dance' of the title becomes a foxtrot. The written down shape of the music of No. 3 becomes an object in fact - it forms a cage, of which the vertical bars are the King's line, and the flute (bullfinch) part moves between and inside these vertical parts.

The climax of the work is the end of No.7, where the King snatches the violin through the bars of the player's cage and breaks it. This is not just the killing of a bullfinch - it is a giving-in to insanity, and a ritual murder by the King of a part of himself, after which, at the beginning of No.8, he can announce his own death.

As well as their own instruments, the players have mechanical bird song devices operated by clockwork, and the percussion player has a collection of bird-call instruments. ln No.6 - the only number where a straight parody, rather than a distortion or a transformation, of Handel occurs, he operates a didjeridu, the simple hollow

tubular instrument of the aboriginals of Arnhem Land in Australia, which functions as a downward extension of the timbre of the 'crow'.

The keyboard player moves between piano and harpsichord, sometimes acting as continuo, sometimes becoming a second percussion part, and sometimes adding independently developing musical commentary.

The work was written in February and March 1969.

Peter Maxwell Davies

Détails

Compositeur
Année de composition
1969
Minutage
0:33:00
Flûte en do /
Piccolo /
Clarinette en sib /
Violon /
Violoncelle /
Piano /
Clavecin /
Glockenspiel /
Crotales /
Wind chimes /
Tambourine pop /
Toms /
Rototoms /
Grosse caisse (orchestre) /
Tam-tam /
Trainwhistle /

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